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Découvrez le bon sens pour visser et dévisser une vis

Publié le 24 mai 2026 · 5 min de lecture

Tournevis et vis posés sur du bois

« On serre vers la droite, on desserre vers la gauche » : la règle paraît évidente, et pourtant elle est source d'innombrables hésitations, vis foirées et écrous abîmés. Connaître le bon sens pour visser et dévisser, comprendre les exceptions et adopter les bons gestes évite bien des galères. Voici tout ce qu'il faut savoir pour ne plus jamais tourner dans le mauvais sens.

À retenir

La règle universelle : on visse dans le sens des aiguilles d'une montre (vers la droite) et on dévisse dans le sens inverse (vers la gauche). Moyen mnémotechnique anglais : « righty-tighty, lefty-loosey ». Quelques pièces font exception avec un filetage à gauche, conçu exprès.

La règle de base : le sens horaire

La quasi-totalité des vis, boulons et écrous possèdent un filetage à droite. Cela signifie qu'en tournant dans le sens des aiguilles d'une montre (vue de face, l'outil pointant vers la vis), on enfonce et on serre ; en tournant dans l'autre sens, on desserre et on retire. Cette convention est tellement répandue qu'elle est devenue un réflexe, mais il est utile de la verbaliser : « vers la droite pour serrer, vers la gauche pour desserrer ». Quand on a un doute, on se repère toujours en regardant la tête de la vis bien en face.

Les exceptions : le filetage à gauche

Certaines pièces sont volontairement filetées à gauche, c'est-à-dire qu'elles se serrent en tournant vers la gauche. Ce n'est pas un caprice : c'est une sécurité. Sur une meuleuse d'angle, par exemple, l'écrou qui maintient le disque est souvent à pas inversé, pour que la rotation de l'outil le serre au lieu de le desserrer. C'est aussi le cas de la pédale gauche d'un vélo, de certains raccords de bouteilles de gaz, ou de pièces tournantes. La logique est toujours la même : éviter qu'un mouvement de rotation ne desserre tout seul la fixation. En cas de doute sur une pièce inhabituelle, cherchez un repère ou consultez la notice avant de forcer.

Reconnaître les empreintes de vis

Tourner dans le bon sens ne sert à rien si l'on emploie le mauvais embout. Les empreintes les plus courantes sont la fente plate (la plus ancienne), la cruciforme (Phillips, en croix), la Pozidriv (proche mais avec des stries supplémentaires), et le Torx (en étoile à six branches), de plus en plus répandu car il transmet un couple élevé sans glisser. Utiliser un embout adapté et bien enfoncé dans l'empreinte est la première condition pour ne pas « foirer » la vis. Un embout trop petit ou usé patine et abîme la tête.

Les bons gestes pour visser sans abîmer

Quelques principes simplifient la vie et préservent le matériel :

  • Percer un avant-trou dans le bois dur ou près d'un bord, pour éviter de fendre et faciliter l'entrée de la vis.
  • Bien aligner l'outil dans l'axe de la vis : une visseuse de travers fait riper l'embout.
  • Régler le couple de la visseuse électrique : trop fort, on enfonce la tête ou on casse la vis ; trop faible, on ne serre pas assez.
  • Commencer lentement pour amorcer la vis bien droite, puis accélérer.

Que faire d'une vis grippée ou foirée ?

Une vis qui résiste n'est pas une fatalité. Pour une vis grippée par la rouille, un produit dégrippant et un peu de patience font souvent l'affaire. Pour une vis dont l'empreinte est abîmée (foirée), plusieurs astuces existent : presser fort un embout adapté, intercaler un élastique entre l'embout et la tête pour améliorer l'accroche, ou recourir à un extracteur de vis dans les cas tenaces. L'erreur à éviter est d'insister en faisant patiner l'embout, ce qui ne fait qu'aggraver les dégâts. Mieux vaut s'arrêter et changer de méthode.

Tournevis, visseuse ou perceuse : quel outil ?

Le bon sens ne suffit pas si l'on emploie le mauvais outil. Le tournevis manuel reste idéal pour les petites vis, les travaux de précision et les endroits où l'on veut doser finement son effort sans risquer d'abîmer. La visseuse électrique (ou visseuse-dévisseuse) fait gagner un temps considérable dès qu'il y a plusieurs vis à poser, avec un réglage de couple qui évite de forcer. La perceuse-visseuse, polyvalente, perce et visse, mais attention : en mode perçage, l'embrayage est débrayé, donc on ne contrôle plus le couple et l'on risque d'enfoncer la vis trop loin. Pour visser, on reste toujours sur la fonction visseuse avec le couple réglé.

Choisir la vis selon le matériau

Une vis n'est pas universelle : on l'adapte au support. Les vis à bois ont un filetage espacé qui mord dans la matière ; les vis à aggloméré sont conçues pour ne pas faire éclater les panneaux ; les vis à métaux ont un filetage plus serré ; et pour fixer dans un mur (placo, brique, béton), il faut une cheville adaptée au matériau, dans laquelle la vis vient se bloquer. Choisir la bonne longueur compte aussi : trop courte, la vis ne tient pas ; trop longue, elle traverse ou ressort. Le bon couple vis + support (et cheville si besoin) est la condition d'une fixation solide et durable.

Un repère simple pour ne plus douter

Si malgré tout l'hésitation persiste, un dernier réflexe règle la question : imaginez une horloge posée à plat sur la tête de la vis, face à vous. Tourner dans le sens des aiguilles (de midi vers trois heures) enfonce et serre ; tourner à l'inverse desserre. Et avant de forcer sur une pièce qui ne bouge pas, vérifiez d'abord que vous tournez bien dans le bon sens, puis qu'il ne s'agit pas d'un filetage à gauche : ces deux contrôles évitent l'immense majorité des vis et écrous abîmés par excès de force dans la mauvaise direction.

Dans quel sens tourner ?

Indiquez votre action et le type de filetage.

En résumé

Le bon sens de vissage est simple : à droite pour serrer, à gauche pour desserrer, sauf rares exceptions à filetage à gauche conçues comme sécurité. Mais tourner dans le bon sens ne suffit pas : il faut le bon embout, bien enfoncé, dans l'axe, avec un couple adapté. Maîtriser ces bases, c'est s'éviter les vis foirées et les réparations qui s'enveniment. Un geste juste vaut mieux que dix tours en force.