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Bricolage

Isolation des murs par l'intérieur : méthodes, coûts et gains

Publié le 24 juillet 2026 , 3 min de lecture

Doublage intérieur avec laine de roche entre montants métalliques

L'isolation thermique des murs est l'un des travaux les plus efficaces pour réduire les factures de chauffage et améliorer le confort d'un logement. Quand l'isolation par l'extérieur (ITE) n'est pas possible (contraintes architecturales, copropriété, budget), l'isolation par l'intérieur (ITI) est la solution alternative. Son principal inconvénient : elle réduit légèrement la surface habitable (généralement 5 à 10 cm par mur isolé).

Il existe deux grandes méthodes d'ITI : le doublage collé (panneaux isolants collés directement sur le mur) et le doublage sur ossature (isolant entre des montants métalliques ou en bois, recouvert de plaque de plâtre). Chacune a ses avantages selon la qualité du mur existant et le type d'isolant souhaité.

À retenir

L'ITI crée un pont thermique si elle n'est pas correctement réalisée aux jonctions mur/plancher et mur/plafond. Ces ponts thermiques peuvent annuler jusqu'à 30 % du gain d'isolation prévu. La continuité de l'isolant aux jonctions (retour d'isolation) est un détail technique qui fait une vraie différence — à discuter impérativement avec votre artisan.

Méthode 1 : le doublage collé

Des panneaux composites (isolant + plaque de plâtre en une seule pièce) sont collés directement sur le mur existant avec de la colle spéciale (colle-mousse). La mise en œuvre est plus rapide que l'ossature mais nécessite un mur de support plan et sain. Moins adaptée aux murs très irréguliers (vieux murs en pierre ou en brique ancienne) qui nécessitent une préparation lourde.

Isolants disponibles en doublage collé : polystyrène expansé (EPS, le moins cher), polystyrène extrudé (XPS, meilleure résistance à l'humidité), polyuréthane (PU, le plus performant à épaisseur égale), laine de verre ou de roche (en doublages composites).

Méthode 2 : le doublage sur ossature

Des montants métalliques (ou en bois) sont fixés au mur, puis de l'isolant en vrac ou en rouleaux est inséré entre les montants. L'ensemble est recouvert de plaques de plâtre BA13. Cette méthode est plus adaptée aux murs irréguliers, permet des épaisseurs d'isolation plus importantes, et offre l'opportunité de passer des gaines électriques dans l'épaisseur du doublage. Plus longue à mettre en œuvre, mais plus flexible.

IsolantLambda (W/m.K)Épaisseur pour R=4Prix/m²Hygroscopique
Laine de roche0,035-0,04014-16 cm15-25 €Non (résistant)
Laine de verre0,030-0,04012-16 cm10-20 €Non si protégée
Polystyrène EPS0,030-0,03812-15 cm10-20 €Non
Polyuréthane (PU)0,022-0,0289-11 cm25-50 €Non
Ouate de cellulose0,038-0,04215-17 cm15-30 €Oui (hygrorégulant)
1Traiter les problèmes d'humidité avant d'isoler : N'isolez jamais un mur humide. L'isolant emprisonnerait l'humidité et se dégraderait rapidement, créant en plus des problèmes de moisissures. Traitez les infiltrations et remontées capillaires AVANT tout travail d'isolation.
2Préparer le mur : Vérifiez la planéité (doublage collé) ou l'état du mur porteur pour les fixations (doublage ossature). Traitez les fissurations importantes et les zones friables.
3Poser le pare-vapeur si nécessaire : Dans les zones froides et les pièces humides, un pare-vapeur (membrane plastique) côté intérieur de l'isolant empêche la condensation dans l'isolant. Impératif pour la laine de roche ou de verre en ossature dans les climates humides.
4Déplacer les boîtiers électriques : Le doublage réduit la profondeur d'encastrement des prises et interrupteurs. Des boîtiers d'extension permettent de les allonger sans refaire le câblage. Planifiez cette étape avant de finir le doublage.
Attention

L'ITI peut engendrer un déplacement de la condensation (point de rosée) vers le mur extérieur froid, créant de l'humidité à l'intérieur du mur. Ce phénomène est accentué si l'isolant choisi (laine minérale) est hygroscopique. Pour les murs en pierre ou en pisé qui régulent naturellement l'humidité, une isolation en matériaux hygrorégulants (chanvre, ouate de cellulose, laine de bois) préserve mieux les propriétés hygrométriques du bâti ancien.