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Brancher un télérupteur : schéma et explications claires

Publié le 6 juin 2026 , 6 min de lecture

Tableau électrique avec disjoncteurs et câblage

Vous voulez allumer et éteindre la même lumière depuis trois endroits différents dans un couloir, une cage d'escalier ou une grande pièce ? Le télérupteur est souvent la solution la plus propre et la plus économique à partir de trois points de commande. Moins connu que le va-et-vient, il répond pourtant à un besoin très concret et s'installe assez facilement une fois le principe compris. Voici comment il fonctionne et comment le câbler.

À retenir

Un télérupteur est un relais électromécanique commandé par des boutons poussoirs : chaque appui change l'état du circuit (allumé/éteint). Il se monte dans le tableau électrique ou dans une boîte de dérivation, et accepte autant de boutons poussoirs que nécessaire, tous câblés en parallèle. À partir de trois points de commande, il est généralement plus simple à câbler qu'un montage va-et-vient avec va-et-vient.

Télérupteur ou va-et-vient : lequel choisir ?

Le va-et-vient permet de commander une lampe depuis deux interrupteurs, comme nous l'expliquons dans notre article sur le branchement d'un va-et-vient. Dès que vous passez à trois points de commande ou plus, le câblage d'un va-et-vient devient complexe : il faut ajouter un interrupteur « va-et-vient permutateur » et tirer plusieurs fils supplémentaires entre les boîtes. Le télérupteur évite toute cette complexité. Chaque bouton poussoir est relié au télérupteur avec un seul fil (phase commune), sans lien électrique direct entre les boutons. C'est le télérupteur lui-même, installé au tableau ou dans une boîte centrale, qui gère l'état de la lampe. Plus besoin de faire cheminer des câbles de commande de boîte en boîte.

CritèreVa-et-vient (2 points)Télérupteur
Nombre de commandes2 maximum (sinon permutateur)Illimité
Type de commandeInterrupteur basculeBouton poussoir
Câblage interrupteurs2 ou 3 fils par boîte1 fil de commande par bouton
Coût du matérielFaible (pas de relais)Modéré (télérupteur + boutons)
Idéal pourChambre, salon (2 entrées)Couloir, escalier, grande pièce (3+)

Les types de télérupteurs

Il existe deux grandes familles de télérupteurs. Le télérupteur monostable (aussi appelé télérupteur à impulsions) change d'état à chaque impulsion brève : un appui allume, le suivant éteint, et ainsi de suite. C'est le type le plus courant dans les logements. Le télérupteur bistable, lui, ne change d'état que si le bouton est maintenu enfoncé suffisamment longtemps. Il est utilisé dans certaines applications industrielles mais rare dans l'habitat. Pour votre couloir ou votre escalier, le monostable est le bon choix. On distingue aussi les télérupteurs électromécaniques classiques, au cliquetis caractéristique, et les télérupteurs électroniques, silencieux mais légèrement plus chers.

Le principe de câblage

Comprendre le câblage d'un télérupteur nécessite de distinguer deux circuits séparés. Le circuit de puissance relie la phase au télérupteur, puis du télérupteur à la lampe, avec le neutre fermant la boucle directement à la lampe. Le circuit de commande relie la phase (via la bobine du télérupteur) à chaque bouton poussoir, et de l'autre borne de chaque bouton au neutre (ou à un retour vers la bobine selon le modèle). En pratique, sur la plupart des télérupteurs Legrand, Schneider ou equivalents disponibles en France :

Le bornier du télérupteur comporte généralement les bornes suivantes : A1 (phase bobine), A2 (neutre bobine), 1 (entrée phase puissance) et 2 (sortie vers lampe). Chaque bouton poussoir est monté en parallèle sur le circuit de commande : une borne du bouton reçoit la phase (via A1), l'autre borne reçoit le neutre (ou est rebouclée vers A2). Un appui bref envoie une impulsion à la bobine, qui bascule l'interrupteur interne du télérupteur. L'ampoule s'allume ou s'éteint selon son état précédent.

Câbler pas à pas

1 Coupez le disjoncteur du circuit d'éclairage et vérifiez l'absence de tension.
2 Installez le télérupteur dans le tableau électrique (sur rail DIN) ou dans une boîte de dérivation accessible.
3 Raccordez le circuit de puissance : phase arrivée sur la borne 1, sortie borne 2 vers la lampe, neutre directement à la lampe.
4 Raccordez le circuit de commande : phase sur A1, neutre sur A2. Faites cheminer un fil de la borne A1 vers chaque bouton poussoir, et un fil retour de chaque bouton vers A2.
5 Vérifiez chaque connexion, remontez le tout, réenclenchez le disjoncteur et testez chaque bouton.
La bobine en 230 V ou en très basse tension

La grande majorité des télérupteurs domestiques ont une bobine alimentée en 230 V (phase et neutre). Il existe aussi des modèles en très basse tension (12 ou 24 V) utilisés dans des systèmes domotiques ou dans des installations spécifiques. Vérifiez la tension de bobine sur l'étiquette de votre télérupteur avant de câbler.

Les erreurs courantes à éviter

La première erreur est de confondre le circuit de commande et le circuit de puissance : un câblage inversé peut griller la bobine ou empêcher le télérupteur de fonctionner. La deuxième erreur est d'utiliser des interrupteurs à bascule à la place de boutons poussoirs : les télérupteurs monostables sont conçus pour recevoir une brève impulsion, pas un signal continu. Avec un interrupteur maintenu, le télérupteur cliquète en permanence, ce qui finit par l'user rapidement. La troisième erreur concerne la section des fils : pour le circuit de commande, un fil 1,5 mm² est suffisant, mais pour le circuit de puissance, respectez la section prévue pour le circuit d'éclairage (habituellement 1,5 mm²).

Va-et-vient ou télérupteur ?

Décrivez votre installation pour savoir quel montage convient.

En résumé

Le télérupteur est une solution élégante et évolutive pour commander un éclairage depuis plusieurs points. Son câblage, une fois le principe compris, est en réalité plus simple que celui d'un va-et-vient avec permutateur. Retenez les deux circuits distincts, puissance et commande, et n'oubliez jamais que chaque bouton poussoir se connecte en parallèle sur le circuit de commande. Pour les installations de couloirs, d'escaliers ou de grandes pièces à plusieurs entrées, c'est souvent la meilleure réponse, à condition de respecter les normes de la NF C 15-100 et de toujours intervenir courant coupé.